Mata Wangala, un Artiste qui fait du bien !

Mata Wangala interview

C’est un dimanche de post-Noël que Mata Wangala nous accueille en visio-conférence. C’est tout de blanc vêtu, casquette vissée sur la tête, le regard vif et plein d’entrain que nous engageons l’interview.

Mata attaque rapidement…Comme son flow dans ses chansons : direct et franc.

Tout au long de sa vie, les femmes ont eu une place centrale pour lui : d’abord sa grand-mère, dont il reprend le prénom pour son nom d’artiste et en qui il a une forte estime ; puis, sa sœur, qui lui fait découvrir le Rap RnB des années fin 80/90 ; ensuite, une amie influenceuse, aux formes généreuses et assumées ; et une femme, dont il tombe amoureux… : finalement, la célébration de la gente féminine apparaît pour lui comme une suite logique et qui a tant marqué son enfance.

Inspirations et lancement

Avec un père féru de musiques congolaises, afro-cubaines et de variétés françaises ; une sœur qui écoute en boucle les titres phares du Rap RNB des années fin 80, Mata Wangala grandit dans un environnement où la musique a une place omniprésente. Ils lui transmettent ainsi ce goût musical. Cette passion se poursuit lorsqu’il écoute les premières chansons de MC Solaar à l’âge de 13 ans avec des copains ; Mata se rend dans des “Maisons des Jeunes” pour écrire quelques textes et s’initier à cet univers.

Mais c’est à l’âge de 15 ans qu’il fera ses premiers pas sur scène. Après un déménagement à Liège chez son oncle et sa tante, il fait la rencontre d’un ami fan de Wu Tang Clan. Leur amitié se noue et les deux adolescents se rendent à un événement freestyle organisé par la Zulu National à Lièges. 

Poussé par son ami, Mata Wangala se lance et entre en scène pour son premier Open Mic (micro ouvert) ; sa positive attitude et son énergie lui valent de beaux retours des personnes sur place et son ami continue de l’encourager.  Passionné de musique, Mata en fait un véritable hobby, un passe-temps qu’il définit comme un véritable exutoire à l’époque mais ne se professionnalise pas dans l’immédiat. L’Université puis la naissance de sa première fille à l’âge de 22 ans l’amène à chercher un emploi stable pour subvenir aux besoins de sa famille.

Sa fille grandit, et Mata décide de passer à un niveau supérieur en 2010. Soutenu par sa famille et ses amis qui le poussent à aller plus loin dans le domaine musical, il réalise de nombreux textes, réalisant des openings dont son succès fait écho. Des premières parties en amenant d’autres, il en vient à effectuer celles de chanteurs reconnus internationalement comme : Kendrick Lamar, Ice Cube et The Game.

BAD, le déclic  

En tant qu’artiste indépendant, Mata se confronte à une réalité : il ne peut se limiter à la création de textes mais doit également faire son autopromotion. Et quoi de mieux que les réseaux sociaux pour continuer à gagner en notoriété ? 

On retrouve sur son fil Instagram des comptes d’artistes qui l’inspirent, des posts de fans et bien évidemment, ceux de ses ami(e)s. Qu’elle n’est pas la surprise pour celui qui prône la bienveillance et l’acceptation de soi lorsqu’il se rend compte du nombre de commentaires injurieux – et grossophobes – sous les publications d’une de ses amies qui n’a pas peur de montrer ses formes généreuses.

Ébloui et inspiré par le calme et recul de cette dernière à l’égard des commentaires qu’elle reçoit, il se met à l’écriture d’une chanson sur l’acceptation de soi. Il sort en 2019 le titre “BAD” où il raconte l’impassibilité d’une femme ronde face aux critiques sur son physique, qui assume et surtout, qui est bien dans ses baskets.

Quelques mois après sa sortie, “BAD” connaît un succès monstre sur TikTok (ndlr : 22,7K d’abonnés à ce jour !) où plus de 3000 vidéos circulent avec la reprise de sa chanson et des femmes qui dansent joyeusement, affirmant leurs courbes généreuses, respirant la joie de vivre et la confiance en soi. A l’origine une chanson “simplement” inspirée du vécu d’une proche, Mata est impressionné par l’ampleur que prend le sujet ; les réactions positives lui montrent à quel point l’acceptation de soi est un sujet complexe et important sur lequel communiquer. Ainsi, avec “BAD”, mais surtout avec le retour de ses fans, il se rend compte à quel point le thème est important et cela lui donne envie d’en faire plus, et de manière plus aboutie.

Face au flot de réactions positives, il comprend qu’il doit aller de l’avant. Un titre ne suffit pas pour aborder la problématique de la grossophobie. Une prise de conscience est faite. “BAD” aura une suite…

Le projet “Self-love” va voir le jour !

Retour aux premiers aux amours : le Self love mis à l’honneur

Mata le dit sans ciller : il a toujours eu une attirance physique toute particulière pour les femmes rondes, aux courbes et aux formes généreuses. De plus, de par son vécu avec ces femmes, qui n’arrivaient pas à aimer leurs corps, ou bien, des nombreux retours d’internautes, sa chanson “BAD” allait en devenir le « fer de lance ».

Ainsi, Mata saisi pleinement comment l’acceptation de soi est un véritable problème de société et surtout, à quel point il est important que chacun s’aime, et ce quel que soit sa corpulence physique. La graine est plantée : trotte dans sa tête l’idée d’un album entièrement consacré à l’amour et l’acceptation de soi.

Entre-temps, le mouvement body positive a lui aussi grandi sur les réseaux sociaux et la parole se libère de plus en plus. Encouragé par les retours positifs de “BAD” et cette vague du mouvement body positive, Mata poursuit l’écriture de textes et sort ainsi en novembre 2021 son deuxième EP “Self – Love” avec 7 chansons entièrement dédiées à l’acceptation de soi. Et avec “Self – Love”, Mata frappe fort : bienveillance, amour de soi, body shaming, attirance pour les femmes aux courbes généreuses… Mata dresse le portrait des mal-être d’une société depuis bien trop longtemps dominée par des diktats de minceur, mais surtout, et comme il nous le dit si bien à la fin de notre échange :

“Un artiste est un porte-voix : il met des mots sur des maux.” Et pour ça, on lui dit “un grand merci !”

Mata, à écouter d’urgence sur toutes les plateformes :

Mata Wangala – Self – Love

Réseaux sociaux :

https://www.instagram.com/matawangala/

https://www.facebook.com/Matawangala

https://www.tiktok.com/@matawangalaofficiel?lang=fr

Retrouver nos interviews

Tous droits réservés – A Woman » – 2022

 

Comments are closed.

Panier ()